Le Président de la République et son gouvernement avaient balayé d’un revers de main les critiques qui qualifiaient de liberticide le projet de loi « Création et internet ». Ceux qui s’élevaient contre la mise en place d’une surveillance généralisée des faits et gestes des internautes ont été présentés comme de dangereux pirates, ennemis de la création. C’est un peu plus complexe et subtil.
Aujourd’hui, le Parlement européen a pourtant donné raison aux internautes. Un amendement à un projet de loi sur la réforme du marché des télécommunications, prévoyant qu'aucune restriction aux droits et libertés des internautes ne puisse être imposée sans une décision judiciaire préalable, a été adopté à 88 %.
Le Président de la République est intervenu auprès de José Manuel Barroso, président de la Commission Européenne, en vain, pour essayer de remettre en cause cet amendement.
Nous nous réjouissons qu’en cette période où les libertés sont attaquées et contournées de toutes parts et les droits sociaux rognés et affaiblis, l’Europe puisse constituer un rempart contre la politique actuelle de la France quand elle malmène les libertés. Une véritable protection de la création est impérative et la rémunération des auteurs doit être évidemment assurée, mais pas au détriment des libertés individuelles d’une jeunesse en quête de connaissance et de culture.
Christophe Girard, adjoint au Maire de Paris chargé de la Culture
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