Etre comparé, voire assimilé par la Ligue des Droits de l'Homme à un élu d'extrême droite me choque et me blesse profondément.
En responsabilité, nous avons fait le choix de ne pas commander le CD du dernier album du chanteur Orelsan et de retirer le seul exemplaire mis en circulation dans une bibliothèque de la Ville de Paris.
Quand on est de gauche, on tente d'être humaniste à temps plein et sans discontinuer, on ne lutte pas seulement contre le racisme, l'antisémitisme et l'arabophobie, mais on agit également contre la misogynie, l'homophobie et la transphobie.
Nous avons décidé librement de ne pas choisir une œuvre d'Orelsan qui se trouve par ailleurs disponible dans le commerce partout en France.
Si une salle de spectacle à Paris souhaitait programmer cet artiste, cette décision relèverait de la seule direction de l'établissement et je n'aurais aucun commentaire à faire.
Christophe Girard
Adjoint au Maire de Paris chargé de la Culture
"Christophe Girard a publié vendredi un nouveau communiqué, afin de prouver que le disque d'Orelsan «contient bien des textes faisant l’apologie des violences faites aux femmes et aux minorités», avançant pour preuve les extraits de morceaux figurant dans l'album Perdu d’avance:"
Dans Pas assez de toi, très célèbre chanson, Manu Chao chante:
"J'ai comme envie d' sang sur les murs (...) comme envie de crever ton chat."
J'imagine que vous interprétez cela comme une "apologie des cruautés sur les animaux"? Le "narrateur" se trouve exactement dans la même situation que celui des chansons d'Orelsan.
La seule chose importante ici, c'est que vous ayez demandé le retrait d'un CD. Votre communiqué laisse accroire qu'on vous a surtout reproché de ne pas avoir commandé plus d'albums. C'est faux. On vous a reproché la censure, le retrait de l'almbum.
L'argument selon lequel des parents pourraient vous en faire reproche est inepte. Les médiathèques et les bibliothèques sont truffées de documents qui vont à l'encontre des croyances ou des valeurs des parisiens.
Vous avez censuré Orelsan par réflexe communautariste.
Et excusez moi d'être franc, mais lorsqu'on croit que l'art doit être édifiant, c'est qu'on n'a pas trop pris le temps d'étudier et de réfléchir à la question.
Ne pas commander telle ou telle création, c'est normal.
Décider de retirer le seul CD d'Orelsan vous fait basculer de facto dans le camp des censeurs. Cela rappelle l'église catholique, le réalisme socialiste ou les autodafés. Ca ne sent pas bon.
Un homme de culture n'a pas peur d'un livre ou d'un album.
C'est pas très malin parce que franchement, des artistes mysogines ou homophobes (ou antisémites ou racistes), les bibliothèques de Paris en abritent des centaines ou des milliers.
Cordialement
Tout à fait d'accord avec ta position et ses arguments.
Il y a des moments où il faut des actes forts et symboliques pour faire comprendre aux citoyens éclairés (ou pas) que, sous prétexte de la liberté d'expression, l'on ne peut pas tout accepter et surtout le pire : l'appel à la haine et la violence.
Demande t-on aux bibliothècaires du Vatican d'accepter des livres faisant oeuvre de promotion de la laïcité ?
Cette polémique est étonnante venant d'un organisme censé développer des valeurs d'humanisme.
Caphi
Tout mon soutien et mes pensées les plus fraternelles.
Thibaud VALERIAN
Remplaçons pédé ou femme par juif ou noir. Et voyons ce que cela fait. En général une lever de bouclier. De quel côté serait la LDH dans ce cas.
Merci Christophe pour cet acte politique courageux . La liberté d'expression doit avoir parfois les épaules lourdes...