AP | 08.10.06 | 00:06![]()
PARIS (AP) -- La 5e édition de la Nuit Blanche, dont le coup d'envoi a été donné samedi en début de soirée depuis l'Hôtel de Ville par l'adjoint au maire en charge de la Culture Christophe Girard, battait son plein dans la capitale samedi soir, des milliers de personnes déambulant dans le Marais, à la Goutte d'Or ou aux abords de la Place de la Concorde.
Scrutant plans, programmes et dépliants ou s'organisant en famille pour faire la queue et louer les bicyclettes mises à disposition par la mairie, que bon nombre avaient pris soin de réserver, ils sont "amateurs d'art mais n'ayant pas les moyens d'aller au musée", simples curieux alléchés par quelques installations rares ou prestigieuses ou même familles venues parfois de loin.
"Je n'ai pas trouvé mieux que venir à la Nuit Blanche pour faire découvrir l'art contemporain à mes trois enfants", explique à l'Associated Press Eléonore, une architecte bordelaise de 35 ans accompagnée de son mari Pierre-Yves. La petite famille "qui dit "joindre l'utile à l'agréable" a même établi son programme par Internet. Un parcours qui la mènera du Marais à la Concorde, puis du Grand Palais à la Goutte d'Or. "On a préféré voir moins de choses mais y consacrer plus de temps", souligne le couple.
Dès la tombée de la nuit, l'obélisque de la Concorde ralliait tous les suffrages, drapée dans la lumière "bleu Klein" légendaire. Même couleur pour l'immeuble Louis-Vuitton des Champs-Elysées, mitraillé par les flashes des touristes japonais, tentant de se faire expliquer le concept de "Nuit Blanche", sans manquer de s'exclamer en "Oh!" admiratifs.
Sur l'esplanade Lemonnier au Louvre, les patineurs de vitesse de "Boucle", une piste de glace recréée par Xaver Veilhan et Alexis Bertrand, ont hypnotisé le public, "Car, là, le sport devient art" commentaient les plus convaincus.
Les 17 tableaux lumineux ou "environnements perceptuels" de James Turell ont aussi surpris, projetés sur les façades de la Caisse des dépôts, tout comme les "Anges" de l'Echelle de Jacob de Tony Dreyfus projetés sur des textes de Guy Debord et une musique originale de Placebo sur les tours de la Bibliothèque François Mitterrand. Et ce, même si quelques spectateurs restaient visiblement fermés à l'explication d'un "médiateur" Nuit Blanche, leur démontrant, grands gestes à l'appui, la volonté de l'artiste de relier ainsi "l'Inspiration artistique et le Créateur"...
Ce sont surtout les enfants qui semblaient les plus concernés devant le crâne de squelette monumental réalisé à partir de batteries de cuisine indienne par Subodh Gupta, installé dans l'église Saint-Bernard à la Goutte d'Or. Des bambins n'ayant d'ailleurs qu'une envie: escalader cette "tête de mort", mais pas du tout conquis en revanche par la soupe indienne végétarienne que certains ont pu goûter autour de l'installation.
Autour de Paris, le public était tout aussi présent en nombre au Château de Versailles, mis en valeur par une kyrielle d'artistes, plasticiens, architectes, DJ, parfumeurs, chefs ou designers du "Versailles Off". Les communes limitrophes de Paris, dont Les Lilas (93), Clichy-la-Garenne (92), Saint-Ouen l'Aumône (95) ou, plus loin et pour la première fois Amiens (Somme), toutes ont connu "leur" Nuit Blanche.
Quant à la plus petite d'entre elles, c'est à la désormais fidèle commune de 2.000 âmes de Brison-Saint-Innocent (Savoie) qu'elle revient avec plusieurs expositions, allant d'O'Manu, un artiste local, à celles de contemporains ou de surréalistes dont Marcel Duchamp, Man Ray ou Salvador Dali. AP
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