J’ai été scandalisé par les propos d’Eric Raoult, député UMP de Seine-Saint-Denis, demandant l’application d’un « devoir de réserve » aux lauréats du Prix
Goncourt en général et à Marie NDiaye, lauréat 2009 pour son roman Des femmes puissantes.
Comme l’a visiblement oublié Eric Raoult, le devoir de réserve ne s’applique qu’aux fonctionnaires et ne concerne nullement les écrivains. Au contraire, la France étant, jusqu’à preuve du contraire, une démocratie, les écrivains, comme tous les citoyens français, sont libres de leurs propos, conformément au principe de liberté d’expression, proclamé par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Surtout, depuis l’affaire Dreyfus et le célèbre « J’accuse » d’Emile Zola, les écrivains ont un devoir d’indignation et d’engagement dans le débat politique, quand ils estiment que les valeurs fondamentales de la République sont bafouées.
Je soutiens ainsi pleinement Marie NDiaye, écrivain particulièrement doué et citoyenne engagée, dont la parole me parait vitale et nécessaire à la bonne santé démocratique de notre République.
Si Eric Raoult et ses amis veulent inventer un Prix Sarkozy, un Prix UMP, un Prix perron de l'Elysée, ou encore un Prix français de la meilleure langue de bois, prix officiels pour vanter les mérites du président, ou de son parti, qu'ils le créent ! Mais de grâce, qu'ils ne touchent pas aux prix littéraires indépendants de notre pays !
Chaleureusement vôtre,
Julien Cendres